29.09.2009

La vie en rouge

La vie en rouge.jpg
"On dirait un aéroplane qui tombe.
C'est moi.
Passion
Feu
Roman-feuilleton
Journal
  
On a beau ne pas vouloir parler de soi
Il faut parfois crier"
  
Blaise Cendrars
1913
- - -
Souvent, dans mes travaux, je me cogne aux années qui précédèrent la Grande Guerre.
Quelle ébullition !
Et si et si il n'y avait pas eu tous ces morts...
et tous ces survivants, la conscience écartelée ?
- - -
Rouge éperdu.JPG
- - -
Aujourd'hui, j'avais juste envie de tout mélanger
avec, par ordre d'apparition :
 cliché d'un été haut en couleurs (sandales D. Co* / vernis Mavala / trépied Habitat !)
maux d'un autre
questionnements gratuits
déception et consolation
 
 
   C'est un peu à tout ça que me fait penser le point sur le i**.
 
 
 Happy blog day, Lisa !
 
* qui, pour celles que ça intéresse (!), ont fini par remplacer celles-ci, trop grandes ou trop petites, malgré toute l'amitié de B!
** qui m'aura fait comprendre qu'il n'y a pas de honte à rougir de trop d'émotions...

27.07.2009

Reine des abeilles

Voici longtemps que je gardais dans mes affaires ce bracelet fantastique, improbable évocation d'une abeille à corps de scarabée et ailes de strass... la reine des abeilles à n'en pas douter !

Abeille détail.jpg

Résultat d'un échange pour faire bisquer ma chère mère qui, non contente de m'avoir fait le don d'une tête plus-BCBG-tu-meurs, s'obstine à m'offrir tous les ans des boucles d'oreille grosses comme le château de Versailles et plus colorées que les machines à sous de Las Vegas , ce bracelet reste comme la marque d'une piqûre - rien de dramatique, juste de quoi démanger déranger ma conscience les soirs d'été.

Le pire, c'est que, hormis quelques mariages, je n'ai jamais réussi à porter ce beau bracelet rebelle.

Et puis, par la grâce d'un pull marin moelleux, l'abeille a trouvé son royaume.

Corail et oiseaux 013.jpg
Pull à col bateau et côtes anglaises E. Bompard et bracelet P. Ferrandis
(pour une vue sur le château de Versailles, cliquez ici)
 
 
- - -
Voici deux posts à la suite, illustrés par moi-même : damned !
 
 
  
Pour voir de belles photos et lumineuses illustrations, je vous invite à découvrir le blog de Flora Douville,
véritable invitation au voyage.
Comme je suis facinée par les petits animaux de toutes sortes
- pourvu qu'ils soient faux -
son bestiaire abécédaire ne pouvait que me plaire.
Flora Douville - abécédaire.jpg
J'ai eu vent de Flora via Lisa au blog en forme de pêle-mêle.

25.07.2009

Oiseaux d'ici et là

Chaque matin, le soleil frappe au carreau et vient projeter sur le mur l'ombre du mobile léger.

Reflet des oiseaux - neuf.jpg

Ce jour-là, l'inspiration était toute trouvée à l'heure de s'habiller.

Profil Erotokritos.jpg
A chacun ses oiseaux !
 
...
 
Dans mon pays, les tendres preuves du printemps
et les oiseaux mal habillés sont préférés aux buts lointains,
disait René Char.
 
Oiseaux - détails RECADRE.jpg
La vérité attend l'aurore à côté d'une bougie. Le verre de fenêtre est négligé. Qu'importe à l'attentif.
Dans mon pays, on ne questionne pas un homme ému.
Il n'y a pas d'ombre maligne sur la barque chavirée.
Bonjour à peine est inconnu dans mon pays.
On n'emprunte que ce qui peut se rendre augmenté.
Il y a des feuilles, beaucoup de feuilles sur les arbres de mon pays. Les branches sont libres de n'avoir pas de fruits.
On ne croit pas à la bonne foi du vainqueur.
Dans mon pays, on remercie.

28.03.2009

Lâcher de fauves joyeux

'Y avait ça qu'on voit déjà partout, aussi bien dans les vitrines que dans les yeux des filles...

Robe CDC.jpg

mais qui, je le sais déjà, ne m'ira pas : trop courte pour moi, sac à patate et lolita 

Le gilet gris est une hérésie.

En revanche, les chaussures bleues...  pas sûre qu'elles soient aussi électriques que ça mais il y a de l'idée - l'idée qu'elle pourrait bien aller avec cette robe.

Vivent les couleurs qui pètent et la viscose qui colle délicieusement aux formes

(c'est plus joli à l'écrit).

Robe agnes b été 2009.jpg

Pour un peu, me croirais fauve.

Et rejouerais, rien que pour mes beaux yeux, et pourquoi pas ? Gala...

(Gala Dali, évidemment.

Matisse et Gala.jpg 

Celle dont l'allure perçait les murs, disait d'elle Éluard longtemps après qu'elle l'eut quitté.)
 
 passerais donc les murailles 
et partirais sur les mers jaunes
Casol 2.jpg
jusqu'au fleuve Amour.

18.03.2009

Du jaune en vrac

Hier matin, au Salon du livre, tandis que je traînais la tête embrumée à l'orée des allées provinciales agréablement clairsemées, mon regard s'est arrêté sur le titre d'une revue : Attila. Alors que je respectais deux minutes de silence, une pour chacune de mes défaites aux Champs catalauniques (2001, 2002, double échec aux examens de première année de Hongrois - j'en suis restée là), j'entendis soudain quelqu'un s'exclamer : "votre écharpe, c'est la couleur que je voulais pour la couv' de mon livre !". Mon écharpe ? Un jaune safran qui mériterait pour lui tout seul plusieurs minutes de silence... ou bien une petite photo... sans moi, mais l'idée est là :

Cate Blanchett.jpg

Enfin, on s'écarte du sujet.  C'est comme ça que j'ai fait connaissance avec Treehorn - dont le pull, pour finir, oscille entre le coquille d'oeuf et le très pâle soleil d'hiver, alors que c'est officiel, le printemps est dans le ciel, dans les squares, dans nos coeurs (et paf, la faute de goût !).

Couv_Treehorn.jpg

Malgré tout, c'est un personnage fort sympathique - son éditeur aussi d'ailleurs, qui se lance cette année. Avouez qu'il faut être gonflé ! J'aurais pu lui laisser un brin de mon écharpe... mais j'y ai ai pensé trop tard, et puis découper mon écharpe avec les dents pour un inconnu en plein milieu du hall d'exposition, c'était un peu déplacé, non ?

Mais j'ai remarqué, depuis deux ans que ça dure, que cette écharpe augmentait beaucoup mon capital "sympathie" auprès des inconnus, dont les regards s'ensoleillent comme par magie (et mes idées ont du génie). C'est déjà ça.

Ah oui, et puisque ce blog se mêle de mode et même de publicité, tout ça se trouve 264 rue Saint-Jacques, chez La Sensitive : grandes étoles en soie brute (pas sauvage, brute !), beaucoup de belles couleurs, pas (trop) cher, pas (trop) cher !

Laissons là le safran, passons au citron.

De la série mode du dernier Wow (un numéro vraiment réussi, allez-y !), je n'ai retenu que ça : cornet double noix de coco-citron ou le privilège du mimosa.

Wow Magasine - Repetto.jpg
((c) Wow - Yann Stofer)
 
Cela me ferait presque renoncer à ça, plus convenu, déjà trop vu...
Babies agnes b été 2009.jpg
Allez, c'est entendu, dès que j'ai fini ces deux foutus projets que je traîne comme des boulets,
je vais faire un saut chez Repetto.
 
Et vous, le jaune, vous l'aimez comment ? Et les chaussures, vous en pensez quoi ?
 
 
- - -
Edit : et, en bonux, un morceau d'écharpe.
Jaune et pierre.jpg
 

27.02.2009

Teasing

Pas très disponible jusqu'à mardi, je vous laisse avec un teasing de la mort

qui marche à petits pas de reine

(un peu les pieds en dedans, malheureusement)

ella.jpg

13.02.2009

La terre est bleue comme une orange (bis)

Pour corser mon week-end, au programme déjà bien chargé, et ma vie si palpitante, voici que s'impose à moi une course contre la montre :

- sachant que cette paire de salomés fruités funky figuraient en belle page dans le Elle de cette semaine (vive le coiffeur !);

- sachant que cette chaussure cumule semelle compensée (= stabilité), couleur orangée (= dérapage contrôlé) et pieds aérés (= amitiés conservées);

- sachant que je peux dire "adieu" aux salomés APC ;

- sachant qu'il a fait beau hier et avant-hier (mais froid, mais beau);

- sachant que je ne suis pas à Paris demain;

- sachant que mon Monop' est ouvert jusqu'à 22h;

- sachant qu'il est situé dans un des quartiers les plus "soyons chics-sans-fric (et-lisons-Elle ?)" de Paris;RAL Orange fashionista.jpg

- sachant que la fin des examens est synonyme de lâcher d'étudiantes dans les magasins;

- sachant que je viens d'acquérir ce rouge à lèvres Orange fashionista (pour dire si je suis tombée bas...);

- sachant que j'ai déjà le vernis adéquat (Nizza de Mavala... à vérifier tout de même);

- sachant que mes fabuleuses sandales compensées bleues marine Manfield plus-2009-tu-meurs-! sont bel et bien mortes (et d'ailleurs entre-temps mesquinement vendues à ma soeur chérie mais quand même - oh la honte !) ;

- sachant que Blaise Cendrars aussi s'y met et raconte exactement le programme de ma journée, le bougre, comment savait-il ?!

Christ
Voici plus d’un an que je n’ai plus pensé à Vous
Depuis que j’ai écrit mon avant-dernier poème Pâques
Ma vie a bien changé depuis
Mais je suis toujours le même
J’ai même voulu devenir peintre
Voici les tableaux que j’ai faits et qui ce soir pendent aux murs
Ils m’ouvrent d’étranges vues sur moi-même qui me font penser à Vous.
 
Christ
La vie
Voilà ce que j’ai fouillé
 
Mes peintures me font mal
Je suis trop passionné
Tout est orangé.
 
J’ai passé une triste journée à penser à mes amis
Et à lire le journal
Christ
Vie crucifiée dans le journal grand ouvert que je tiens les bras tendus
Envergures
Fusées
Ébullition
Cris.
On dirait un aéroplane qui tombe.
C’est moi.
 
Passion
Feu
Roman-feuilleton
Journal
On a beau ne pas vouloir parler de soi-même
Il faut parfois crier
 
Je suis l’autre
Trop sensible

Août 1913

(si ce n'est pas un signe, non mais franchement ?!)

- enfin, enfin, sachant que je n'ai encore aucune paire de chaussures du nom de "vendredi 13" ! 

... vais-je succomber aux chants insistants de ces chaussures qui clament au monde entier que "c'est une fille qui attend le printemps, il va venir, ça ne fait pas de doute" (Merci Maupassant, vraiment, j'apprécie ta poigne secourable et ta plume opportune) ?

Pas de danse.jpg
Tout ça pour ça ?
Oui, oui.
   
Des objections, des idées, des alternatives ?
Rattrapez-moi si vous pouvez !
 

 
 

Un groupe inconnu, mais parfaitement de circonstances...

04.02.2009

Morceaux de joie solaire

1929, l'année de la grande crise, et voilà qu'Éluard ne trouve rien de mieux que de chanter L'Amour la poésie. Au septième poème, la crise a reculé loin derrière l'horizon, et ne reste qu'un choc visuel, plus exaltant que toute la fatigue du monde.

 

Collier Polder 3.jpgLa terre est bleue comme une orange
Jamais une erreur les mots ne mentent pas
Ils ne vous donnent plus à chanter
polder-collier01.jpgAu tour des baisers de s'entendre
Les fous et les amours
Elle sa bouche d'alliance
Tous les secrets tous les sourires
Et quels vêtements d'indulgence
À la croire toute nue.

 

Les guêpes fleurissent vert
L'aube se passe autour du cou
Un collier de fenêtres
Des ailes couvrent les feuilles
Tu as toutes les joies solaires
Tout le soleil sur la terre
Sur les chemins de ta beauté.

 

Oeil de sourd
Faites mon portait.
Il se modifiera pour remplir tous les vides.
Faites mon portrait sans bruit, seul le silence,
A moins que - s'il - sauf - excepté -
Je ne vous entends pas.

 

Il s'agit, il ne s'agit plus.
Je voudrais ressembler -
Fâcheuse coïncidence, entre autres grandes affaires.
Sans fatigue, têtes nouées
Aux mains de mon activité.

 

AGB4.jpgAlors, mûe par une inspiration soudaine, je me suis dit que cela avait peut-être du sens de faire les soldes après tout - ouf ! il était juste temps ! Je me suis précipitée rue des Quatre Vents pour quasi-forcer la porte de cette petite boutique prometteuse, et j'en suis ressortie avec ce collier trophée, repéré depuis le mois de décembre... Et comme la crise n'a pas tout à fait disparu de mon horizon, j'ai attendu d'être rentrée à la maison pour acquérir ici l'indispensable pochette so Art déco, aussi superbement soldée que splendide. Parée de ces deux accessoires, je vais pouvoir me raconter quelques jolies histoires, à cheveux raccourcis et robes fluides, sans oublier l'incontournable bandeau dans les cheveux. Et pour illustrer tout ça, voici un extrait de la bien nommée revue Art, Goût, Beauté, reflet de la mode des années vingt-trente... Manches papillonnantes ou ajustés, décolletés ronds, escarpins fins, de quoi m'inspirer en beauté !

M-00702POER-1.jpg

Qu'importe la crise,
l'absence indéfinie et les grises affaires,
J'ai par-devers moi deux petits morceaux de joie solaire*!
Manque plus que le printemps.
 
* signés Polder

24.01.2009

Fourrures, perles et culture

Dimanche s’achève une belle exposition, consacrée à Anton van Dyck (1599-1641). Le musée Jacquemart-André présente toute une série de portraits peints par l’artiste, promu très jeune au rang de surdoué, au cours d’une vie qui le mena d’Anvers (où il fut l’élève de Rubens) à l’Italie (où il étudia Titien et Véronèse) pour terminer comme peintre de cour en Angleterre, au service du Stuart Charles Ier (celui-là même qui avait épousé Henriette de France, sœur de Louis XIII, et fut décapité en 1649 – vous suivez toujours ?).

Bref, la galerie de portraits est fascinante ! Les personnages semblent nous regarder, comme si nous défilions pour leur plus grand divertissement. À commencer par Van Dyck lui-même… qui n’est pas non plus déplaisant à zieuter !

02-01.jpg

 

Mais c’est aussi une occasion formidable d’inventer des histoires en puisant dans les tableaux de quoi alimenter notre imagination. Ce que j’adore, c’est m’imaginer ce que ces personnages auraient donné à notre époque. Ces deux-là, par exemple, pourraient sans problème, à condition de troquer leurs armures contre un attirail American Apparel/converses, figurer dans la foule des Eurockéennes.

Van Dick 2.jpg
(Double portrait de Charles-Louis, Electeur palatin et du prince Rupert)

.

D'autres, au contraire, nous entraînent vers un monde disparu, comme cette très jeune femme aussi fraîche qu'énigmatique, qui mourut quelque temps plus tard, en mettant au monde deux petites filles…

tassisvaduzdet2.jpg
(Portrait de Maria de Tassis)

 

Enfin, ce que j’ai retenu, c’est la splendeur des détails, le raffinement des cols et des parures de dentelles, et surtout l'éclat de toutes ces perles… Même les hommes en portent aux deux oreilles -- et on les comprend !

04-02.jpg

 (Charles Ier, en 1637)

 

Éblouie par tant d’éclats, de retour à la maison, j’ai attrapé perles et doux goupil (vive la bourgeoisie !) et me voilà parée pour hanter la campagne anglaise.

003-bis-pola04.jpg

Hélas, mon teint poladroidé ne soutient pas la comparaison avec celui de la belle Maria...

et ma parure non plus !

.

 

En guise d'accompagnement, une composition de William Bird, qui faisait autorité en matière de musique à la cour de Charles Ier... évidemment, c'est difficile de dire ce que ça donnait à l'époque. 

26.12.2008

On my shoulder

Vous avez remarqué ?

Souvent, ce sont les plus petits cadeaux qui font le plus grand plaisir...

Oiseau encore 015-pola05.jpg
Robe Scarlet Roos, oiseau tombé dans mon escarpin
et photo poladroïdée.

Toutes les notes