11.11.2009
Lumière en cage
D'une guirlande entortillée dans une cage à oiseaux dénichée sur Ebay, a surgi une nouvelle lampe.

"On avait bien inventé, pour me distraire les soirs où on me trouvait l’air trop malheureux, de me donner une lanterne magique, dont, en attendant l’heure du dîner, on coiffait ma lampe; et, à l’instar des premiers architectes et maîtres verriers de l’âge gothique, elle substituait à l’opacité des murs d’impalpables irisations, de surnaturelles apparitions multicolores, où des légendes étaient dépeintes comme dans un vitrail vacillant et momentané."
00:11 Publié dans Mythologies personnelles | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : bidouillage
29.09.2009
La vie en rouge

21:06 Publié dans Comme ça !, Le potentiel poétique de ma garde-robe (si, si !), Mythologies personnelles | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : rouge
28.09.2009
Rendez-vous qui sait
Qui a dit qu'à Paris on vivait comme des lapins en cage ?
Moi souvent.
Mais pssst !
Je crois que j'ai trouvé où l'Osterhase retrouve ses amis en catimini.
Le rendez-vous des lapins exilés, des farfelus, des amoureux des pas perdus...





PS : celui ou celle qui reconnaît la référence du titre gagnera toute mon estime et un clin d'oeil en prime.
21:51 Publié dans Mythologies personnelles | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
22.07.2009
Berliner Sommer
22:26 Publié dans Mythologies personnelles | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : ich war ein berliner
07.06.2009
Still Singing
Ça faisait longtemps que je n’étais pas allée au cinéma. J’avais envie de salles obscures, où l’on plonge dans le film sans préambule, ni bandes-annonces saccadées. J’avais d’ailleurs trouvé le film qui allait avec : quand on s’appelle Still Walking, on doit être plutôt du genre à ne pas trop en faire côté logorrhée, non ?

En fait, c’est très bavard pour un film japonais (désolée pour les clichés stupides que je véhicule : le cinéma asiatique et moi, c’est récent), normal, remarquez : on assiste quand même à une réunion de famille. Dans la cuisine, la mère de famille s’agite et régente. Sa fille, mignonne écervelée, l’aide et se marre. Elle a un plan derrière la tête. En attendant, on a l’eau à la bouche devant le croquant du radis cru, l’huile qui pétille, la tempura qui croustille, le maïs qui saute de joie… Le thé se boit glacé et les enfants sont excités. L’atmosphère se teinte d’un léger malaise avec l’arrivée de Ryôta, le fils, qui vient d’épouser une jolie veuve dotée d’un fils morose et secret. Quant au père, on en entend beaucoup parler, mais on ne le voit guère : il ne sort de son bureau que pour manger, bougon.

C’est l’été à Yokohama. Dehors, il fait chaud. La journée s’écoule lentement, la caméra s’attarde sur les visages, les objets, les coins et recoins d’une maison fraîche et sombre. Pour un peu, on aurait presque envie de bailler… on passe son temps autour de la table, et quand on n’y est pas, c’est soit qu’on prépare la suite, soit qu’on range la cuisine, soit qu’on fait une promenade digestive... au cimetière, par exemple ?
La vérité, c’est que ces retrouvailles n’ont rien de spontané : c’est le jour anniversaire de la mort d'un autre fils, le fils aîné qui s’est tué en sauvant de la noyade un enfant imprudent. L’enfant sauvé des eaux a grandi – grossi surtout. Il est convié tous les ans à rendre compte de la vie qu’il mène, pour la vie qu’il a prise...

Au fil des scènes se dessinent les liens subtils et tenaces qui tiennent les uns aux autres, il est question de chansons secrètement préférées, de parents qui vieillissent, du métier qu'on fera plus tard. Apparaissent aussi les soucis qu’on cache, les cadeaux qu’on voudrait et ceux dont on ne veut pas… et souvent, au détour de confidences sur un ton bon-enfant, fuse une phrase assassine qui se perd aussitôt dans l’étoffe des kimonos exhumés des tiroirs, la vapeur d’une salle de bain embuée, les attentions affectueuses et parfois étouffantes. Rien ne se passe, et pourtant on ne se lasse pas de se laisser surprendre par les sons gutturaux de la langue japonaise. Les papillons volent et l’humour qui perle au creux des phrases et des situations laisse deviner qu’il y a de la place aussi pour la liberté.

Still Walking est un film sans histoire : il n’y a pas de gagnants, pas de perdants. Tous les acteurs sont excellents. On a le temps de se faire une idée sur les personnages, et puis d’en changer, de s'y attacher, et même de les laisser aller. Cela aère jusqu'à nos propres histoires de famille et, curieusement, c’est reposant !
Pour rester dans le thème, nous sommes allés ensuite prendre un menu sushi et tempura au Japonais du coin. Evidemment, c’était beaucoup moins bon que dans le film.
Voir aussi une intéressante critique ici.
01:37 Publié dans Mythologies personnelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.06.2009
Fenêtres ouvertes
Wieder da.
Je n'étais pas loin... ou bien si, quand même.
La maison s'écroule mais chaque année, pendant quelques semaines, par la magie du printemps, lumière et fleurs adoucissent toutes choses... surtout l'absence.
Et maintenant, retour à la jungle urbaine:
à moi, les urgences, les excuses, les impro, les heures perdues et les nuits blanches,
les obsessions modesques, les coups de coeur superflus, les amis les amis,
le réseau, la recherche d'un emploi durable...
et les concours-photos !
Yeah !
18:48 Publié dans Mythologies personnelles | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
18.05.2009
Trente chandelles
Le week-end était sur le point de s'achever lorsqu'a surgi mon cadeau d'anniversaire :

19:46 Publié dans Mythologies personnelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.04.2009
Mise en boîte à l'italienne
En attendant les prochaines vacances, allez donc vous promener du côté du Palais royal. À la Comédie française, on joue en effet jusqu’au mois de juillet une pièce lumineuse, aussi brillante et émouvante que les guirlandes multicolores des bals d’été.

Sans attendre, le spectacle commence. Adroitement, le magicien fait monter sur scène Mme Di Spelta, avide d’expériences. Elle entre dans un sarcophage – certifié d’origine… et hop, disparue la Marta ! Évidemment, son mari jaloux ne l’entend pas ainsi. Il réclame qu’on fasse réapparaître sa femme. Le prestidigitateur est pris au piège, mais ne se laisse pas démonter pour autant. Abracadabri, abracadabra… il livre au cocu, devant tout le monde, une petite boîte : s’il a confiance en sa femme, Di Spelta sait qu’elle ne saurait être ailleurs que dans cette boîte, s’il n’a pas confiance, alors qu’il ouvre la boîte et on verra ce qu’on verra…
Semant le doute et la honte dans l’esprit de Calogero Di Spelta, le magicien le met en face d’un choix existenciel : vaut-il mieux conserver les apparences au prix d’une illusion ou affronter la réalité et accepter la déchéance ?

Mais Di Spelta est obstiné. Il pousse le magicien dans ses retranchements, jusqu’à celui-ci lui révèle le grand secret, celui du troisième œil : la disparition de Marta n’est qu’une illusion ; le temps qui s’écoule n’est qu’une représentation de l’esprit ; les autres ne le savent pas, mais tout cela n’est qu’un jeu ; il suffit d’ouvrir la boîte et la femme aimée reviendra…
À ce compte, on peut se permettre beaucoup de choses : rester en pyjama quatre années durant, extorquer des milliers de lires ou parler aux canaris… mais la vie rôde, les cheveux grisonnent et les jeunes filles meurent… Plus le temps passe, plus l’illusion s’avère nécessaire.
Ainsi racontée, l’histoire est terrible mais, ne vous y trompez pas, il y a des rires et des finasseries auxquelles on ne résiste pas. Les seconds rôles sont excellents, le rythme est vif, la mise en scène pleine d’idées et de légèreté. Le magicien fatigué (Hervé Pierre) et le mari trompé (Denis Podalydès) sont prodigeux : ils suscitent les sentiments les plus divers, du fou rire à la colère ou la peur. Bref, toute la vie dans un fauteuil ou, sur un air d’Italie, un avant-goût de vacances.
À la Comédie française, en alternance jusqu’au 19 juillet
La Grande Magie, Eduardo De Filippo, mise en scène par Dan Jemmet
18:43 Publié dans Mythologies personnelles | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
20.03.2009
Le désarroi des sirènes
Comme tous les mois, je pars pour quelques jours vers le grand Nord. Je vous laisse avec quatre photographies de Susanna Majuri. J'ai beau les avoir vues et revues, je suis toujours impressionnée par l'attrait qu'elles exercent sur mon imagination. Peut-être est-ce l'eau, omniprésente, qui me fait instantanément plonger dans une histoire qui fuit de toutes parts... Mais ces femmes d'abord : qui sont-elles ? Que cherchent-elles ou plutôt par quoi sont-elles ainsi irrésistiblement attirées, comme autant d'Ariels inversées ?





03:54 Publié dans Mythologies personnelles | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : le musée de la sirène, susanna majuri, burne-jones, giraudoux
15.03.2009
Tous à Tuvalu !
Certains me diront que Tuvalu est une île, une vraie, située très loin là-bas, de l'autre côté de la Terre. C'est vrai, mais c'est aussi un film qui nous replonge au temps du cinéma muet, des cabines de bain et des moustaches épaisses. Souvenez-vous, le carrelage était froid sous la plante des pieds, les douches toujours glacées (quand elles fonctionnaient) et la salle d'eau retentissait d'échos qui semblaient venir de beaucoup plus loin que nos piaillements !
Le jour, on ne le voit pas, pourtant c'est là que vit Anton, c'est là qu'il gîte plutôt - car on ne sait pas bien s'il est vraiment humain, ce simplet-là. Pour l'amour de son père, aveugle autoritaire, et de la vieille caissière, souffreteuse et vraisemblablement tout aussi demeurée que lui, Anton entretient la propriété familiale - bains publics et piscine aléatoire - que ne visitent plus que quelques éclopés... et la belle Eva, ah, la belle Eva !
Entre Buster Keaton et Georges Méliès, ce film quasi muet, au rythme lent, heureusement parsemé de détails cocasses, vous emmène tout droit dans un monde de bric et de broc, où l'essentiel n'est pas l'apparence, mais l'illusion. Qu'importe si la piscine croule, pourvu que les vieilles gens continuent de croire à leur bonheur. Qu'importe si le monde est pourri pourvu qu'il existe quelque part une île qui laisse place au rêve. Tuvalu, Tuvalu... Et si Anton et Eva poursuivaient le même songe ? En fait, on ne sait pas. Les personnages parlent chacun dans la langue maternelle des acteurs qui les interprètent. De toutes façons, il n'y a guère de paroles, et les sons sont plus importants que les mots. Le sinistre Viktor, promoteur immobilier vendu, passe de temps en temps, provoque ce qu'il faut de drame pour qu'en contrepoint la poésie se déploie. Naturellement, l'astuce et la fantaisie auront le dernier mot...
... et, si vous êtes attentifs et patients, peut-être verrez-vous Anton et Eva partir tous les deux "nulle part mais vers ailleurs et pour toujours".
No End.
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Tuvalu, Veit Helmer, 2001 (Allemagne), avec Denis Lavant, Chulpan Khamatova...
03:29 Publié dans Mythologies personnelles | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : tuvalu, denis lavant, onirisme, et l'amour quelquefois

