20.03.2009
Le désarroi des sirènes
Comme tous les mois, je pars pour quelques jours vers le grand Nord. Je vous laisse avec quatre photographies de Susanna Majuri. J'ai beau les avoir vues et revues, je suis toujours impressionnée par l'attrait qu'elles exercent sur mon imagination. Peut-être est-ce l'eau, omniprésente, qui me fait instantanément plonger dans une histoire qui fuit de toutes parts... Mais ces femmes d'abord : qui sont-elles ? Que cherchent-elles ou plutôt par quoi sont-elles ainsi irrésistiblement attirées, comme autant d'Ariels inversées ?


"J’ai besoin de la couleur pour vivre. L’eau est une couleur et elle modifie tout ce qu’elle effleure. Je suis la logique des couleurs quand je combine des lieux, des gens et des vêtements. Pour moi, le plus important en photographie, c’est sa capacité à transporter des émotions. J’aimerais évoquer des histoires d’amour secrètes grâce à des lieux. J’aimerais être attirée comme un aimant !"
Susanna Majuri


Moi, j'aime à retourner l'histoire de ces femmes, à les imaginer Ondines un temps égarées parmi les hommes... Pour s'intégrer, ne s'étaient-elles pas longuement entraînées à oublier jusqu'à la façon de nager et la manière de se mouvoir dans l'élément liquide ? À présent, les voilà rendues au monde marin, dans un mélange d'aisance et de stupéfaction... mais au fond de leur prunelle demeure le vague souvenir d'une vie différente.
"Comme il est beau, comme c'est dommage, comme je l'aurais aimé... " c'est ainsi que s'achève l'Ondine de Giraudoux. Et comment dire autrement le désespoir de l'oubli, la hantise de grandir, de vieillir, de perdre ce qu'on avait, l'impossibilité de TOUT vivre ?
Pour éviter de les perdre, mieux vaut enfouir ses trésors au plus profond des mers. Après tout, c'est peut-être bien ce que raconte Burne-Jones - ou l'histoire de la sirène qui profite du sommeil de son amant terrestre pour l'emporter, tel un trophée, dans son antre secret. Ainsi préservés des soucis que cultivent les hommes, ils couleront (ah ah !) des jours heureux... Toute à sa ruse, elle sourit, malicieuse. Elle ne se rend pas compte, la malheureuse, que dans ses bras il est déjà mort.

Sur ces paroles aussi profondes que le rift de la dorsale atlantique,
je vous souhaite un bon week-end... Espérons qu'il sera moins humide que mon post de ce jour !
;-)
03:54 Publié dans Mythologies personnelles | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : le musée de la sirène, susanna majuri, burne-jones, giraudoux

Commentaires
jolie promenade aquatique… j'ai pensé à Alice aux pays des merveilles…
Ecrit par : ficelle | 20.03.2009
Quel post magnifique !!! Revoir Adjani en Ondine ! Et découvrir Susanna Majuri !!! Comme toi, je trouve ces photos envoûtantes.
Je me suis amusée aussi à découvrir quel blog se cachait sous ta description !
Ecrit par : isabelle | 25.03.2009
* Ficelle: ah oui, tu as raison. Je l'oublie toujours celle-là, et pourtant quelle histoire géniale !
* Isabelle : Merci pour ton bel enthousiasme, cela me fait grand plaisir ! :-)
Ecrit par : Sit | 26.03.2009
Oh je crois que je vais revenir souvent chez vous.
Je viens de prendre un superbe bol de plaisir, une coupe de merveilles en découvrant Susana Majuri et en revoyant avec une très grande émotion Ondine-Adjani.
Merci pour ce bon début de semaine.
Emma
Ecrit par : Emma | 30.03.2009
* Emma : alors on se rendra des visites réciproques :-) Merci et bonne semaine aussi !
Ecrit par : Sit | 30.03.2009
besoin de verifier:)
Ecrit par : Nina_Tool | 20.09.2009
very pretty the work of Suzana Majuri...............................................................................
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Visualize:
www.arturbarrio-trabalhos.blogspot.com
Ecrit par : Janaina Paes | 02.12.2009
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